Le mariage de Dionysos et d'Ariane


(Ariane), suivant de ses yeux désolés la carène qui s'éloignait, roulait dans son âme blessée mille pensées douloureuses. Mais d'un autre côté Iacchus (= Dionysos) florissant accourait avec son thiase (= cortège) de Satyres et avec les silènes, enfants de Nysa ; il te cherchait, Ariane, enflammé d'amour pour toi. (Les Ménades) agiles, possédées d'un délire furieux, erraient çà et là, criant "évohé ! évohé ! " et secouant la tête. Les unes agitaient la pointe de leur thyrse couverte de feuillage, les autres brandissaient les membres d'un taureau mis en pièces ; d'autres ceignaient leur taille de serpents enlacés ; d'autres escortaient les objets mystiques cachés au creux des cystes (= corbeilles), ces objets dont les oreilles des profanes cherchent vainement à connaître le secret ; d'autres frappaient les tambourins de leurs paumes levées ou tiraient du bronze arrondi des tintements aigus ; beaucoup soufflaient dans des cornes d'où s'exhalaient de rauques mugissements et la flûte barbare déchirait l'air de ses notes stridentes.

Catulle, Poésies, LXIV


Dionysos