Les fêtes dionysiaques, origine du théâtre grec.


Ce n'est pas pour un autre méfait 1 qu'on immole un bouc à Bacchus sur tous ses autels, que des jeux rustiques prennent possession de la scène, que les descendants de Thésée proposèrent des prix aux talents, de bourgade en bourgade et de carrefour en carrefour, et que joyeux, entre deux rasades, ils sautèrent dans les prés moelleux sur des outres graissées.

De même, les paysans d'Ausonie, race envoyée de Troie, s'amusent à des vers grossiers, à des rires débridés ; ils prennent des masques hideux, creusés dans l'écorce ; ils t'invoquent, Bacchus, en des hymnes joyeux et en ton honneur ils suspendent en haut d'un pin des figurines d'argile modelée. [...]

Nous dirons les honneurs dus à Bacchus dans les hymnes de nos pères et nous lui porterons plats et gâteaux sacrés ; conduit par la corne, le bouc voué au sacrifice sera debout près de l'autel, et nous rôtirons ses viscères gras sur des broches de coudrier.

Virgile, Géorgiques, II, v. 380-396

(1) Il s'agit des dégâts causés à la vigne par les troupeaux


Dionysos