Un homme universel


Socrate ridiculise les prétentions du sophiste Hippias au savoir universel

 Tu es le plus habile des hommes dans toutes (les sciences) également. Ne t'ai-je pas entendu t'en vanter, quand tu énumérais la variété vraiment enviable de tes aptitudes sur la place publique, près des comptoirs des banquiers ?

Tu disais que tu étais venu un jour à Olympie, n'ayant rien sur ta personne qui ne fût l'oeuvre de tes mains. Et d'abord l'anneau que tu portais au doigt- c'est par là que tu commençais- c'était toi qui l'avais fait, car tu savais ciseler un anneau ; et aussi ton cachet ; puis ton étrille et ton flacon d'huile ; tout cela était ton oeuvre. Tu ajoutais que tes chaussures mêmes, tu les avais fabriquées, et que tu avais tissé aussi ton manteau et ta tunique.

Mais ce qui étonnait le plus tous tes auditeurs, ce qui fit ressortir ton extraordinaire habileté, ce fut de t'entendre affirmer que la ceinture de ta tunique était identique à ce qui se fait en Perse de plus riche et que tu l'avais tressée toi-même. En outre, tu annonçais que tu apportais des poèmes , épopées, tragédies, dithyrambes, que sais-je encore ? beaucoup de discours en prose de toute espèce.

Tu ajoutais, à propos des sciences dont je parlais à l'instant, que tu t'y entendais mieux que personne, ainsi qu'aux rythmes et aux modes musicaux, à la grammaire et à quantité d'autres choses si je m'en souviens bien.

 Platon, Hippias Mineur, 368 b-c-d


L'éducation nouvelle