L'éducation ancienne


Le sport y est dominant. C'est lui qui permettra à l'individu de devenir "kalos kagathos" (bel et bon) puisqu'il épanouit le corps et forme le caractère.

Mais cette éducation comporte aussi une seconde branche, la "mousiké", domaine des Muses (Platon, La République). L'homme cultivé (mousikos anèr) est celui qui a appris la musique mais aussi la lecture, l'écriture et le calcul, même si cet apprentissage intellectuel reste à un niveau élémentaire.

Au début du Ve siècle, le jeune garçon fréquente donc successivement trois écoles : à partir de sept ans, pour les apprentissages intellectuels, celle du grammatiste (celui qui enseigne l'alphabet (grammata), puis celle du cithariste pour la musique, enfin, à partir de douze ou quatorze ans jusque vers seize ans, la palestre du pédotribe.(de "pais" l'enfant et "tribo" exercer).

Le nouvel écolier, qui était jusque là confié à la nourrice, passe sous la surveillance du "pédagogue" (de "pais" l'enfant et "agein" : conduire), esclave chargé de l'accompagner dans les trajets entre l'école et la maison. Assistant aux leçons, le pédagogue joue aussi le rôle de répétiteur mais il est surtout chargé de la formation morale de l'enfant.

Les maîtres sont assis sur des sièges à dossier et pieds recourbés. Les élèves et leurs pédagogues n'ont droit qu'à des tabourets Le maître d'école et l'aide qu'il rétribue lui-même sont chichement payés. Le métier de maître d'école est assez méprisé (Démosthène, Sur La Couronne), c'est souvent le gagne-pain d'hommes instruits que les revers de fortune ont contraints à l'exil . N'importe qui peut d'ailleurs ouvrir une école, aucune formation spéciale n'étant requise.

Le repos hebdomadaire n'existe pas et les jours fériés , correspondants aux fêtes religieuses, sont très irréguliers. Le mois de février, par exemple, en comporte tellement qu'il est presque un mois de vacances (Théophraste, Caractères).

Les fêtes de famille et les fêtes personnelles donnent par ailleurs à chaque enfant des jours de congé particuliers.

Chez le grammatiste, il n'y a pas de table, l'enfant écrit sur une tablette posée sur ses genoux.. Sur cette tablette de bois enduite de cire, il trace des caractères avec l'extrémité pointue d'un stylet. L'autre, arrondie, sert à effacer.

Pour apprendre à écrire, l'enfant repasse avec son stylet sur les caractères que le maître a esquissés dans la cire de la tablette (Platon, Protagoras). L'élève écrit parfois avec un roseau fendu et trempé dans l'encre sur une feuille de papyrus posée par dessus sa tablette. Il se sert aussi d'ostraka (=tessons de poterie) pour les brouillons.

La pédagogie, brutale et routinière, rend l'apprentissage de la lecture et de l'écriture fort long (trois ou quatre ans).

L'usage d'écrire les textes sans ponctuation, en collant les mots les uns à côté des autres sans aucun blanc, rend la lecture courante encore plus difficile. L'enfant apprend à lire à haute voix, la lecture silencieuse ne se pratiquant pas. Il apprend ensuite par coeur des textes poétiques considérés comme indispensables pour la formation morale de l'individu, d'abord des vers d'Homère, mais aussi d'autres classiques répertoriés par la tradition : des poèmes d'Hésiode, des maximes de Solon, le sage législateur d'Athènes, des préceptes attribués à Chiron, éducateur d'Achille. Les livres où le maître puise tous ces textes sont, comme tous les livres de l'époque, des rouleaux de papyrus. En arithmétique, l'élève n'acquiert que des notions rudimentaires. Les calculs numériques sont d'ailleurs difficiles car les Grecs, qui se servent pour noter les chiffres, des lettres de l'alphabet, ignorent le zéro.

Pour faciliter les opérations, on se sert couramment d'une planchette, l'abaque, encore en usage dans certains pays d'Extrême Orient (boulier de Chine ou du Japon).

La musique que l'enfant apprend ensuite chez le cithariste est, pour les grecs, l'essence même de la culture (Platon, Les Lois), ils lui attribuent une portée morale et civilisatrice . Les écoliers apprennent à jouer de la cithare ou lyre et, secondairement du hautbois ou double flûte;

L'apprentissage se fait par l'oreille sans aucune musique écrite. Mais le cithariste enseigne aussi la musique vocale, les chansons traditionnelles dont les paroles sont empruntées aux vieux poètes lyriques et qu'on chante en s'accompagnant de la cithare. Comme les héros homériques, tout homme cultivé doit être capable de tenir sa place honorablement lorsque, dans un symposion, il reçoit le rameau de myrte qui, passant de main en main, donne à chacun son tour de chant.

Aucune fantaisie n'est tolérée dans l'interprétation, il s'agit de perpétuer une tradition culturelle. Lors des fêtes religieuses, des concours de chant choral sont organisés entre les enfants de chacune des dix tribus d'Athènes.

A partir de douze ans, l'enfant exerce son corps, sous la direction du pédotribe et fréquente un gymnase pour enfants, la "palestre". Vêtu d'un manteau pourpre, le pédotribe est armé d'un long bâton fourchu qui lui sert à corriger les élèves récalcitrants.

Les jeunes gymnastes, comme tous les athlètes, s'exercent nus mais , pour protéger leur corps contre les intempéries, s'enduisent le corps d'huile et le recouvrent ensuite de poussière. Après l'entraînement, qui se fait au son du hautbois, ils se décapent la peau avec un racloir de bronze, le strigile. Les élèves du pédotribe pratiquent essentiellement les cinq sports du pentathlon : lutte, course, saut, lancement du disque et du javelot.

Un pentathlon est organisé spécialement pour eux à la fête des Panathénées Mais ils s'entraînent aussi à la boxe et au pancrace, sorte de catch extrêmement brutal où tous les coups sont permis sauf de mettre les doigts dans les yeux de l'adversaire). Pour la lutte ("palé"), le saut et le pancrace, les enfants commencent par ameublir le sol sableux de la palestre avec une pioche, celui-ci est même arrosé d'eau pour le pancrace. Seuls les enfants de l'aristocratie pratiquent l'équitation.

La natation n'est jamais enseignée et ne fait partie d'aucun concours sportif . Pourtant tous les Grecs savent nager, une expression idiomatique définit l'imbécile comme celui qui ne sait "ni lire ni nager".

 

la nouvelle éducation

l'éducation à Athènes