L'éducation nouvelle


(l'enseignement des sophistes)

Dans cette éducation ancienne, l'élément intellectuel reste à un niveau primaire.

Depuis le VIe siècle, il existe quelques écoles supérieures en divers endroits du monde grec, écoles de médecine à Cnide et à Cos en Ionie, écoles de philosophie en Ionie encore, école Pythagoricienne fondée à Crotone, en Grande Grèce en 530.

Mais ces communautés de savants n'ont pas fait évoluer l'enseignement traditionnel, ce sont les sophistes qui vont y apporter des innovations capitales. Les plus anciens d'entre eux sont nés au début du Ve siècle (Protagoras d'Abdère vers 485, Gorgias de Léontinoi vers 480) mais leur influence ne devient importante que dans la seconde partie du siècle., Ils vont promouvoir l'enseignement intellectuel qui va progressivement faire passer au second plan le sport et la musique (Aristophane, Les Nuées), de plus en plus réservés à des professionnels.

Les sophistes assurent une sorte de préceptorat collectif. Ils proposent aux jeunes gens des milieux aisés une formation supérieure en trois quatre ans, moyennant une somme forfaitaire très élevée. Entourés de leurs élèves, ils vont de ville en ville, et donnent des exhibitions de leur savoir pour s'attirer de nouveaux disciples. Mais ils séjournent souvent à Athènes qui apparaît vraiment comme le centre intellectuel de la Grèce.

Ils connaissent auprès de la jeunesse un succès considérable et auront une grande influence sur le développement de l'élite grecque ( Platon, Protagoras).

Ces nouveaux maîtres répandent les connaissances nouvelles, enseignant sous le nom de philosophie toute une culture générale (géométrie, physique, astronomie, médecine, arts et techniques) qu'on ne peut acquérir à l'école élémentaire. Mais leur véritable objectif est de former à l'art de la politique les futurs chefs de la cité (Platon, Protagoras), ils veulent apprendre à leurs élèves à avoir raison en toutes circonstances. Les deux piliers de leur enseignement sont donc la dialectique, art de la discussion, qui permet de soutenir, sur toute question, aussi bien le pour que le contre, et la rhétorique, art de bien parler qui permet d'être persuasif sur n'importe quel sujet (Platon, Gorgias).

Socrate et Platon sont de farouches adversaires des sophistes. Platon nous montre Socrate ridiculisant leurs prétentions au savoir universel (Platon, Hippias Mineur). Mais ce que tous deux leur reprochent surtout c'est leur immoralisme. Pour les sophistes en effet, l' important, c'est l'efficacité, le pouvoir que donne la réussite, non pas la recherche de la vérité ou le respect de la justice.

La vie et la mort de Socrate sont une protestation vigoureuse contre cette indifférence. Dans Les Nuées, Aristophane se montre lui aussi un adversaire résolu des sophistes. Mais il présente abusivement Socrate comme l'un d'entre eux, ridiculisant à travers lui le pédantisme, l'érudition stérile des sophistes et la perte de tout objectif moral dans leur "nouvelle éducation".

Douze ans après que Socrate a bu la ciguë, en 387, Platon fonde l'Académie dans le gymnase du même nom, au milieu des jardins d'Akadémos. Cette école philosophique, comme celle qu'avait fondée Pythagore, n'est pas seulement un centre d'enseignement intellectuel mais une sorte de communauté religieuse : unis dans le culte des Muses puis dans le souvenir de Platon héroïsé, philosophes et élèves cherchent la vérité mais aussi la sagesse, ils s'efforcent de mener une "vie philosophique", et travaillent à libérer leur âme des impuretés et des servitudes du corps pour accéder à la contemplation de Dieu.

Le mythe de la caverne montre la puissance libératrice du savoir qui, seul, peut affranchir l'âme, prisonnière des apparences par suite de son inculture.(voir activités)

Mais cette recherche de la vérité et de la connaissance parfaite nécessite un cursus éducatif très long (Platon, La République). C'est ce qu'Isocrate reproche à Platon. Vers la même époque, il fonde lui aussi une école. A ses yeux, la science parfaite (épistémé) est inaccessible, et la philosophie souvent oiseuse (Isocrate, Sur l'échange).

Ce qu'il souhaite, lui, c'est former des élèves à la vie politique en les rendant capables d'avoir une opinion (doxa) juste et de faire des choix raisonnables (Isocrate, Sur l'échange). Le but de l'éducation n'est pas la conquête d'une vérité inaccessible mais la maîtrise de la parole, savoir suprême qui distingue l'homme de l'animal ( Isocrate, Sur l'échange). Son école d'éloquence formera de nombreux lettrés (Cicéron, De Oratore) et aura une grande influence sur l'évolution de l'enseignement, à dominante de plus en plus littéraire.

 

l'éducation ancienne  

l'éducation à Athènes