Eloge de la mouche


Elle a six pattes et ne marche que sur quatre : ses deux pattes de devant servent à tous les usages des mains. On peut donc la voir marcher sur quatre pattes et tenir en l'air dans ses mains quelque aliment, attitude tout à fait humaine et proche de la nôtre [...] Je peux faire état de son intelligence qui n'est pas mince [...]

Son courage et sa force, ce n'est pas à moi de les dire, mais au plus éloquent des poètes, Homère, car, voulant faire l'éloge du meilleur des héros, il ne compare pas sa force à celle d'un lion, d'une panthère ou d'un sanglier, mais à l'audace de la mouche, à son intrépidité et à son obstination dans ses entreprises [...]

Il fait un si grand éloge de la mouche et il l'aime tant qu'il la mentionne non pas une seule fois mais à maintes reprises [...]

Elle est si forte que quand elle mord, elle blesse la peau non seulement d'un homme mais d'un boeuf et d'un cheval ; elle incommode l'éléphant en s'introduisant dans les plis de sa peau et en le piquant avec sa propre trompe, à la mesure de sa longueur.

Lucien, Eloge de la mouche, 3, 5, 6 passim


éducation hellénistique