L'héroïsme d'Horatius Coclès


( = Horatius Le Borgne) (507 avant J.C.)

A lui seul, il contient l'armée étrusque du roi Porsenna pendant que, derrière lui, les Romains coupent le Pont Sublicius.

Promenant des regards terribles et menaçants sur les principaux Etrusques, tantôt il les défie individuellement, tantôt il s'en prend à tous: "esclaves de tyrans orgueilleux, ils ne pensent plus à leur propre liberté et viennent attenter à celle d'autrui". Ils hésitèrent un moment, se consultant l'un l'autre du regard pour engager le combat. Puis, poussés par la honte, ils s'ébranlent en masse, et, avec un cri, lancent à la fois leurs javelots sur leur unique adversaire. Les traits se plantèrent tous dans le bouclier dont il se couvrait et lui n'en demeurait pas moins solidement campé pour barrer tout le pont. Déjà, ils se jetaient sur le héros pour tâcher de le culbuter, quand le fracas du pont qui se rompait, joint aux cris de joie des Romains devant le succès de leur entreprise, frappant les assaillants d'une frayeur soudaine, suspendit leur élan. Alors Coclès s'écria: " Vénérable et saint dieu du Tibre, je t'en prie, reçois ce guerrier et ses armes dans tes eaux et sois lui favorable." Alors, tout armé, il plongea dans le Tibre et, malgré tous les projectiles qu'on lançait sur lui, il parvint à la nage sain et sauf jusqu'aux siens .

Tite Live, Histoire Romaine, II, 10


L'EDUCATION DANS L'ANCIENNE ROME