L'école du magister ludi


L'enfant la fréquente entre 7 et 11 ans. Il s'agit en général d'un enseignement collectif bien que le préceptorat privé reste en usage pour les grandes familles aristocratiques. Celles-ci ont, par ailleurs, des écoles domestiques, réservées aux enfants de leurs très nombreux esclaves (elles possèdent des centaines, et parfois des milliers d'esclaves).

L'école publique se tient dans une des boutiques qui s'ouvrent sur le portique du forum. Elle n'est isolée de celui-ci que par une tenture. Les enfants sont assis sur de petits escabeaux sans dossier, le maître, lui, est installé dans une chaire ("cathedra"), surélevée par une estrade.

Le métier est aussi mal payé et peu considéré qu'en Grèce. Les maîtres cherchent donc souvent un emploi auxiliaire, la rédaction de testaments par exemple.

Le calendrier romain comporte, outre de nombreux jours fériés, de longues vacances.

Comme dans le monde grec, l'enfant est amené à l'école par un esclave accompagnateur, le "pédagogue", qui est aussi un répétiteur, mais également un éducateur chargé de la formation morale de l'enfant. Dès l'aube, ils partent tous deux pour l'école . L'hiver, il doivent même se munir d'une lampe. La journée se termine, en début d'après midi, par les thermes. Il n'y a plus, comme dans le monde grec, de temps prévu pour les exercices physiques (Corpus Glossariorum Latinorum).

Le programme est aussi limité que dans l'école hellénistique : il s'agit essentiellement d'apprendre à lire et à écrire.

L'enfant, auquel on demande de réciter l'alphabet à l'endroit puis à l'envers, apprend d'abord le nom des lettres avant d'en connaître la forme, ce que critique Quintilien (Quintilien, Institution Oratoire), par ailleurs partisan, comme tous les pédagogues antiques, d'une méthode extrêmement lente et analytique (Quintilien, Institution Oratoire). Avant d'aborder les textes, l'élève s'exerce à lire et à écrire, au poinçon et à l'encre, de petites maximes (Corpus Glossariorum Latinorum). Pour lui apprendre à écrire, le maître guide la main de l'enfant. Il peut aussi faire, dans la cire de la tablette, une première trace sur laquelle l'élève doit repasser avec son poinçon (Quintilien, Institution Oratoire).

L'enseignement du calcul est très limité. L'écolier apprend le vocabulaire de la numération et la mimique symbolique des doigts. Compter est d'ailleurs, chez les Romains comme chez les Grecs, fort compliqué, leur système de numération n'utilisant pas le zéro mais reposant sur la fraction duodécimale. Les opérations nécessitent un boulier. L'arithmétique est réservée, comme tout ce qui est considéré comme technique, aux esclaves destinés à des fonctions de comptable. La pédagogie est tout aussi brutale que dans le monde grec. "Tendre les mains à la férule " est une périphrase qui signifie en latin "étudier". Le maître a souvent recours aussi à la fustigation, comme le montre une fresque célèbre de Pompéi.

A partir du Ier siècle de notre ère, on voit se dessiner une évolution. La discipline s'adoucit, la pédagogie se développe.Le tableau noir ("titulus"), qu'ignorait l'école grecque, apparaît. La brutalité des châtiments provoquera, au IV°siècle, l'indignation de Saint Augustin (Saint-Augustin, Les Confessions). Mais Quintilien, déjà, la désapprouve vivement (Quintilien, Institution Oratoire). Il conseille en revanche de stimuler la motivation des enfants par le jeu, l'émulation et les récompenses (Quintilien, Institution Oratoire). Certains traditionalistes protestent d'ailleurs contre cette évolution, signe, selon eux, de l'amollissement général des moeurs. "Maintenant les enfants étudient en jouant !", s'indigne Pétrone, à l'époque de Néron.

 

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