L'école du rhéteur


C'est là que le jeune homme apprend l'art oratoire (ou rhétorique), forme principale de l'enseignement supérieur.

Même si le rhéteur est mieux payé que ses collègues des deux premiers degrés, le métier, exercé souvent par des affranchis, reste peu prestigieux et peu lucratif, d'autant qu'il faut compter souvent avec les mauvais payeurs (Juvénal, Satires).

La salle de classe, qui ouvre toujours sur les portiques du forum, n'est plus une simple boutique mais une salle en exèdre, aménagée comme un petit théâtre. Elle est mise à la disposition du rhéteur par l'état.

Malgré les tentatives de Cicéron, puis de Quintilien pour faire entrer dans la formation de l'orateur l'histoire, le droit, la philosophie, l'enseignement reste limité à un apprentissage des règles complexes de l'art oratoire telles qu'elles ont été progressivement établies par l'école grecque. La philosophie et l'histoire dont a besoin un orateur se réduisent, pour les Romains, à un catalogue de lieux communs et d"'exempla"(gestes et paroles mémorables), utiles pour illustrer un discours.

L'enseignement est calqué sur celui de la rhétorique grecque : le vocabulaire technique est à peine transposé, les exercices d'application sont identiques. Après en avoir parcouru la longue série, l'élève est admis à prononcer en public une "declamatio" (discours sur un sujet donné par le maître). Il en existe deux sortes. La "suasoire" (suasoria) relève de l'éloquence délibérative et traite souvent d'un sujet historique : " Hannibal, au lendemain de Cannes, se demande s'il marchera sur Rome") D'ordre judiciaire, la "controverse" (controversia) est une plaidoirie pour ou contre, dans un cas imaginaire mais bien précis, défini en fonction d'un texte de loi. Jusqu'à la fin de l'Antiquité, remarque R.-I. Marrou, on retrouve "les mêmes types de sujets " que dans le monde hellénistique, "la même veine de fantaisie irréelle, le même goût du paradoxe et de l'invraisemblable. Ce ne sont toujours que tyrans et pirates, peste ou folie, enlèvements, viols, marâtres et fils déshérités, situations scabreuses et cas de conscience raffinés, lois imaginaires"(Histoire de l'éducation dans l'Antiquité,t.2, ch.6) (Sénèque le Rhéteur, Controverses).

Ce que les jeunes Romains viennent apprendre chez le rhéteur, ce n'est pas l'éloquence politique, devenue inutile sous l'empire, mais une éloquence d'apparat. Les conférences et récitations publiques sont très recherchées dans les milieux cultivés. Tout véritable lettré, pour être reconnu, doit être un conférencier.

Les élèves du rhéteur se préparent aussi à la carrière d'avocat. Mais ils n'ont pas besoin pour cela, d'étudier le droit. Cette discipline, considérée comme technique, est réservée à des juristes spécialisés dont la tâche est de préparer les arguments légaux d'un dossier. Celle de l'avocat est de les mettre en valeur, de les utiliser d'une façon émouvante et persuasive.

 

éducation

La vie dans la cité et hors de la cité

Musée Vivant de l'Antiquité