La mise à l'épreuve des nouveau-nés


 Quand un enfant lui naissait, le père n'était pas maître de l'élever : il le prenait et le portait dans un lieu appelé "lesché" où siégeaient les plus anciens de la tribu. Ils examinaient le nouveau-né. S'il était bien conformé et robuste, ils ordonnaient de l'élever et lui assignaient un des neuf mille lots de terre. Si, au contraire, il était mal venu et difforme, ils l'envoyaient en un lieu appelé les "Apothètes", qui était un précipice du Taygète.

Ils jugeaient en effet qu'il valait mieux, pour lui-même et pour l'Etat, ne pas le laisser vivre, du moment qu'il était mal doué dès sa naissance pour la santé et pour la force. De là vient aussi que les femmes ne lavaient pas les nouveau-nés avec de l'eau, mais avec du vin : elles voulaient ainsi éprouver leur constitution.

On dit en effet que ceux qui sont sujets à l'épilepsie et maladifs, sous l'effet du vin pur, meurent de convulsions, tandis que ceux qui ont une complexion saine en reçoivent une meilleure trempe et une vigueur plus grande.

 Plutarque, Lycurgue, XVI 1-3


l'éducation à Sparte