Un entraînement de plus en plus rigoureux


Leur étude des lettres se bornait au strict nécessaire ; tout le reste de leur instruction consistait à apprendre à bien obéir, à supporter patiemment la fatigue et à vaincre au combat. C'est pourquoi, lorsqu'ils avançaient en âge, on rendait plus dur leur entraînement : on leur rasait la tête et on les habituait à marcher sans chaussures et à jouer nus la plupart du temps.

Arrivés à la douzième année, ils vivaient dès lors sans tunique et ne recevaient qu'un manteau pour toute l'année. Ils étaient sales et ne connaissaient ni bains ni frictions, sauf à certains jours de l'année, peu nombreux, où on leur permettait ces douceurs.

Ils couchaient ensemble par bandes et par troupes sur des sortes de paillasses qu'ils s'étaient confectionnées eux-mêmes avec des roseaux poussés au bord de l'Eurotas, qu'ils avaient cassés près du bout, sans l'aide du fer, avec leurs mains. En hiver ils mettaient sous eux des plantes appelées "lycophons", qu'ils mêlaient à leurs paillasses, et qui, croyait-on, dégageaient de la chaleur.

Plutarque, Lycurgue, XVI, 10-14


l'éducation à Sparte