L'encouragement au vol


Cet irène, qui est âgé de vingt ans, commande les enfants de sa bande dans les exercices de combat, et, à l'intérieur, les emploie à la préparation des repas. Il ordonne aux plus forts d'apporter du bois, aux plus petits, des légumes. Et, pour en apporter, ils doivent voler, les uns, en allant dans les jardins, et les autres en se glissant dans les "syssities" des hommes avec beaucoup d'adresse et de précaution.

Si le voleur est pris, il reçoit de nombreux coups de fouet pour s'être montré négligent et maladroit. Ils dérobent toute la nourriture qu'ils peuvent et apprennent ainsi à attaquer habilement ceux qui dorment ou se relâchent de leur surveillance. La punition de celui qui se laisse prendre sur le fait, c'est d'être battu et d'endurer la faim. Car ils ne font qu'un très maigre repas afin que, se défendant eux-mêmes contre la pénurie d'aliments, ils soient contraints à l'audace et à la ruse. [...]

Les enfants qui volent se préoccupent tellement de n'être pas pris que l'un d'eux, qui avait dérobé un renardeau et le tenait caché sous son manteau, laissa, dit-on, la bête lui déchirer le ventre avec ses griffes et ses dents, et, pour n'être pas découvert, soutint la douleur jusqu'à en mourir.

 Plutarque, Lycurgue, XVII, 4-6, XVIII, 1


l'éducation à Sparte