HERCULANUM


Légende et histoire

Herculanum aurait été fondée par Hercule, au retour de son voyage en Ibérie (à la recherche des bœufs de Géryon). Sans aucun doute il y a eu là anciennement une population indigène ; la ville aurait été occupée par les Osques, les Pélasges et, finalement, par les Samnites. Lors des dernières guerres d'insurrection des peuples italiques contre Rome, Herculanum fut prise par un lieutenant de Sylla en 89 avant J.-C. et devint un municipe romain.

Le site

Moins connue que Pompéi, Herculanum a été victime de la même catastrophe : l'éruption du Vésuve, le 24 août 79 après J.-C., qui engloutit trois villes : Pompéi, Herculanum et Stabies.

Située à une dizaine de kilomètres à l'Est de Naples, dans la riche et riante Campanie,(Cicéron, de lege agraria) la ville (aujourd'hui Resina) se trouve près de la côte, accrochée aux dernières pentes du Vésuve, sur un petit promontoire (Sisenna, Fragments). Dans l'antiquité, elle se trouvait sur la route littorale qui rejoint Naples à Pompéi. Plusieurs éruptions ont eu lieu et dans l'antiquité et dans l'ère moderne. Une première éruption détruisit partiellement la ville en 63 ap. J.-C. ; plusieurs autres éruptions (du 3ème au 20ème siècle, il y eut quinze éruptions du Vésuve, la dernière datant de 1944) ont modifié l'aspect géographique du lieu en déposant différentes couches de lave qui ont surélevé le sol d'une vingtaine de mètres et ont fait reculer le littoral vers la mer.

Les fouilles, entreprises au 18ème siècle, se sont organisées et développées surtout depuis le début du 20ème siècle . Les nombreuses œuvres d'art qui ont été découvertes sur ce site en font une zone archéologique extrêmement riche (beaucoup de peintures, notamment). Il faut noter tout de suite que les fouilles ont été beaucoup plus difficiles ici qu'à Pompéi. En effet, les cendres et les lapilli qui, transportés par le vent, se sont abattus sur Pompéi ont formé des couches peu épaisses (5 à 6 mètres de profondeur au maximum), sans consistance et perméables à l'eau. À Herculanum, au contraire, ce sont des détritus volcaniques, laves et pierres ponces, qui se sont précipités du haut de la montagne. Les pluies torrentielles qui accompagnaient le phénomène transformèrent cette coulée en un torrent boueux qui envahit toute la ville, puis finit par se solidifier. (Martial, Épigrammes) Cette carapace terreuse (et cultivable d'ailleurs !) présente une épaisseur qui varie de 12 à 25 mètres. Mais il faut aussi remarquer que, si les fouilles ont été rendues plus pénibles, en revanche, elles ont découvert la ville telle qu'elle était en 79, sans que jamais personne n'ait pu la piller ni en retirer le moindre objet ...

Le plan de la ville frappe par son extrême régularité : plusieurs "cardines" (le cardo est une avenue orientée Nord/Sud) sont coupés à angle droit par plusieurs "decumani" (le decumanus, lui, est orienté Est/Ouest) ; aux carrefours, on a retrouvé des fontaines et le long de ces avenues (dans l'état actuel des fouilles elles ont environ 350 mètres de longueur) se trouvaient des boutiques. Des insulae (quartiers) quadrangulaires se trouvaient ainsi délimités. Ce plan régulier est sûrement d'origine grecque et copie, sans doute, celui de Neapolis (Naples).

La superficie de la ville semblerait représenter le tiers de la superficie de Pompéi, et le nombre des habitants ne devait pas dépasser 5OOO.

Les constructions s'étageaient sur une pente assez raide, d'où des paliers et des terres-pleins artificiels formant terrasses. La ville était bâtie face à la mer, pour profiter de ses fraîches brises, et les plus belles villas sont perchées à l'extrême limite du promontoire, offrant leurs terrasses, vérandas et belvédères à une magnifique vue "panoramique" sur le golfe. Il subsiste également à Herculanum des maisons plus modestes et construites de façon plus économique (prédominance du bois). Contrairement à Pompéi où dominent le commerce et le négoce, à Herculanum c'est l'artisanat qui semble avoir été le plus important, et le matériel retrouvé donne même à penser que l'occupation principale de ses habitants était la pêche. De façon générale les maisons d'Herculanum offrent une vision intime de la vie quotidienne : les étages supérieurs ayant été souvent bien conservés, on découvre charpente, poutres et greniers et, à l'intérieur, de multiples objets qui ressuscitent l'atmosphère familiale : chambres à coucher, coffres variés, étagères de bois avec tablette pour l'autel domestique, etc. La catastrophe a été plus rapide et terrifiante qu'à Pompei et les habitants ont dû fuir en abandonnant tout sur place ; à Pompéi la catastrophe a été plus lente et laissa pendant longtemps aux habitants quelque espoir : d'où le nombre élevé de victimes (humaines et animales) retrouvées dans la ville et dont les contorsions font mal à voir. Herculanum, elle, semble toute prête à reprendre sa vie interrompue.

Les monuments

Les principaux monuments publics visibles sont les Thermes, au centre de la ville, rigoureusement séparés en deux sections, l'une pour les hommes, l'autre pour les femmes. Ils datent de l'époque d'Auguste mais leur décoration est plus tardive (époque de Néron). On trouve également le théâtre qui, encore aujourd'hui, est en partie enfoui. L'essentiel des constructions de la ville consiste donc dans les maisons, maisons simples et modestes, et maisons patriciennes avec jardin, atrium pavé de splendides mosaïques, murs ornés de peintures ou de bas-reliefs, pièces agrémentées de fort belles sculptures ; une des plus notables de ces villas est la "Maison aux cerfs".

   
   
 Maison aux cerfs  Mosaïque de Neptune et Amphitrite
   
 Maison des gemmes  triclinium de la maison de la Mosaïque de Neptune et Amphitrite

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