Les maîtres étaient à la merci d'une dénonciation


L'auteur loue l 'empereur Trajan d'avoir restitué le devoir d'obéissance chez les esclaves, en supprimant chez eux, par sa politique fiscale, les avantages qu'ils avaient pu avoir dans le passé à être des délateurs.
La fidélité a été restituée aux amis, la piété filiale aux enfants, l'obéissance aux esclaves qui craignent, obéissent, ont des maîtres. Désormais ce ne sont plus nos esclaves qui sont les amis du prince, c'est nous : et le père de la patrie ne se croit pas plus cher aux esclaves d'autrui qu'à ses propres sujets. Tous tu nous a délivrés des accusateurs domestiques, et sous le seul drapeau du salut public tu as supprimé ce que j'appellerais une guerre servile. En quoi tu n'as pas rendu un moindre service aux esclaves qu'aux maîtres: tu nous a donné la sécurité, à eux la vertu. Tu ne veux pas qu'on loue cet acte, et peut-être ne le doit-on pas : il est pourtant bien doux à ceux qui ont en mémoire ce prince subornant les esclaves contre l'existence de leurs maîtres et leur montrant des crimes qu'il se proposait de punir
comme s'il les avait connus par délation : malheur aussi terrible qu'inévitable, et que chacun devait subir autant de fois qu'il avait des esclaves faits à l'image du prince.
Pline le Jeune, Panégyrique de Trajan, 42



Les relations des maîtres et des esclaves