Fuyantes le satyreau


O Fontaine Bellerie,
Belle fontaine chérie
De nos Nymphes, quand ton eau
Les cache au creux de ta source
Fuyantes le satyreau
Qui les pourchasse à la course
Jusqu'au bord de ton ruisseau;
Tu es la Nymphe éternelle
De ma terre paternelle:
Pour ce en ce pré verdelet
Vois ton poète qui t'orne
D'un petit chevreau de lait,
A qui l'une et l'autre corne
Sortent du front nouvelet.

Ronsard, Odes, II, 9


Les Nymphes