Les servantes de Circé


Quand elle (Circé) eut prononcé et scellé le serment " de ne rien entreprendre pour mon mal et ma perte ", je montai sur le lit somptueux de Circé. Pour tenir son logis, elle avait quatre nymphes, nées des sources, des bois et des fleuves sacrés, qui coulent à la mer. Ses femmes cependant arrangeaient le manoir. L'une sur les fauteuils, ayant mis des linons, étalait par-dessus les plus beaux draps de pourpre.

Une autre en approchait les tables en argent et, sur elles, plaçait les corbeilles en or. Au cratère d'argent, la troisième versait d'un vin au goût de miel, en faisant le mélange, puis, devant chaque place, mettait les coupes d'or. La dernière apporta l'eau dans le grand trépied et ranima le feu. L'eau chauffa, puis chanta dans le bronze luisant. J'entrai dans la baignoire ; après avoir tiédi l'eau de son grand trépied, elle m'en inonda la tête et les épaules, pour chasser de mes membres l'épuisante fatigue. Quand elle m'eut baigné et frotté d'huile fine et revêtu d'un beau manteau et d'une robe, elle me ramena, me fit asseoir en un fauteuil aux clous d'argent, un beau meuble ouvragé par un marchepied, et me dit de manger...

Homère, Odyssée, X v. 348 sqq


Les Nymphes