La nature de la femme et la nature de l'homme


Comme les travaux de la maison, aussi bien que ceux du dehors exigent à la fois du labeur et du soin, la divinité a adapté dès le principe la nature de la femme aux travaux et aux soins de l'intérieur, celle de l'homme à ceux du dehors. Froids, chaleurs, marches, expéditions militaires, c'est le corps et l'âme de l'homme qu'elle a constitués de manière à les mieux endurer ; aussi lui a-t-elle imposé les travaux du dehors ; quant à la femme, la divinité lui a créé un corps moins résistant, aussi elle me semble l'avoir chargée des travaux de la maison. Sachant qu'elle a accordé au corps de la femme de pouvoir nourrir les nouveau-nés et qu'elle l'en a chargée, elle lui a également donné en partage plus de tendresse pour les bébés nouveau-nés qu'elle n'en a donné à l'homme. Comme elle a également chargé la femme de garder les provisions, comprenant que, pour bien les garder, il n'est pas mauvais d'avoir le coeur peureux, la divinité a donné en partage à la femme d'être plus peureuse que l'homme. Sachant aussi que celui à qui reviennent les travaux du dehors devra se défendre contre ceux qui lui porteraient tort, elle lui a donné en partage d'être plus brave.

Xénophon, Economique, VII, 22-25


Condition de la femme en Grèce