Les fêtes familiales et religieuses : occasions de corruption féminine.


Un mari trompé, qui vient de tuer son rival, justifie son acte devant les juges

Dans les premiers temps, ma femme était le modèle des épouses, ménagère, adroite et économe, maîtresse de maison accomplie. Mais je perdis ma mère, et cette mort a été la cause de tous mes malheurs. C'est en effet en suivant ses funérailles que ma femme fut aperçue par Eratosthène, qui réussit, avec le temps, à la séduire : il guetta l'esclave qui allait au marché, se mit en rapport avec sa maîtresse et la perdit.

 Le narrateur explique ensuite comment il a obtenu les aveux de la servante :

M'ayant fait prendre l'engagement de ne lui faire aucun mal, elle me dévoile tout : comment après les funérailles il l'avait abordée ; comment elle avait fini par lui servir d'intermédiaire ; comment ma femme, avec le temps, s'était laissée séduire et comment on s'y prenait pour le faire entrer ; comment, enfin, aux Thesmophories (1), pendant que j'étais à la campagne, elle était allée au sanctuaire avec sa mère à lui.

Lysias, Sur le meurtre d'Eratosthène, 7, 8

 (1) fête en l'honneur de Déméter Thesmophoros, célébrée pendant le mois de Pyanepsion (octobre) du 9 au 13, par les femmes mariées d'Athènes. Aucun homme n'y était admis.

 


Condition de la femme en Grèce