Pénélope va chercher l'arc d'Ulysse.


Elle a promis d'épouser celui qui réussirait à tendre l'arc.

Pénélope gagna l'escalier élevé de sa demeure, prit dans sa main la clé massive, bien recourbée, bien faite, en bronze, dont la poignée était d'ivoire. Puis elle se dirigea avec ses suivantes dans la chambre la plus reculée : là étaient réunis les trésors du roi, le bronze, le fer bien travaillé ; il s'y trouvait aussi l'arc que l'on tire à soi et le carquois qui contenait un grand nombre de flèches sifflantes... Lorsque donc la noble femme fut arrivée à cette chambre et eut touché le seuil de chêne que l'artisan avait jadis poli savamment et aligné au cordeau, y ajustant ensuite les montants et y plaçant une porte brillante, elle s'empressa de détacher la courroie de l'anneau, introduisit la clé, fit jouer les battants du verrou d'une main ferme et sûre : la porte, comme un taureau puissant dans une prairie, mugit sous la pression de la clé et tourna aussitôt. Pénélope monta sur le plancher élevé où les coffres étaient placés, remplis de vêtements parfumés. Puis, tendant la main, elle décrocha l'arc de son clou, avec l'étui brillant qui le contenait.

 Homère, Odyssée, XXI, 5 sq


femme