Condition de la femme à Rome


I Aspects juridiques

La femme, considérée comme mineure, reste toute sa vie soumise à une tutelle masculine. (Isidore de Séville, Origines) Dans les temps les plus anciens, le mariage "cum manu" la fait passer de l'autorité (manus) paternelle à l'autorité maritale. Il s'agit toujours de l'autorité absolue (patria potestas) du chef de famille (pater familias) qui a droit de vie et de mort sur tous ceux qui habitent sous son toit. Il peut punir de mort son épouse pour adultère ou ... simple goût de la boisson. (Valère Maxime, Faits et dits)

A partir de 445 avant J.C., les plébéiens ayant obtenu le droit de mariage avec les familles patriciennes, celles-ci font triompher progressivement le mariage "sine manu": l'épouse reste alors, même après le mariage, sous l'autorité du père qui désigne pour lui succéder un tuteur dit "légitime".

A partir du IIe siècle avant J.C., la "patria potestas" est progressivement limitée; la tutelle "légitime", affaiblie par les lois d'Auguste, (Gaius, Institutes) sera complètement supprimée au IIe siècle après J.C.

Le mari peut répudier son épouse -notamment pour stérilité, tentative d'avortement, falsification des clés- à condition de restituer la dot à la famille de celle-ci. Les femmes n'acquièrent le droit au divorce qu'au début de l'empire.

II Vie quotidienne

La "matrona"(mère de famille) doit se comporter en épouse soumise, rester à la maison pour filer et tisser la laine, activité qui symbolise les devoirs mais aussi la dignité de sa fonction. (Corpus Inscriptionum Latinarum) Elle est en effet entourée d'honneur, en tant que gardienne du foyer, et dotée d'un certain pouvoir à l'intérieur de la maison :

  • sur les servantes qu'elle dirige (le trousseau de clés qu'elle détient est l'emblème de son pouvoir)
  • sur les jeunes enfants qu'elle a la charge d'éduquer et qui conservent pour elle un immense respect. (Tite Live, Histoire romaine)
  • A partir de la fin de la République :

  • les femmes ont moins d'enfants et s'occupent de moins en moins de leur éducation. (Tacite, Dialogue des Orateurs)
  • elles sont moins cantonnées à l'intérieur de la maison.
  • Au deuxième siècle avant J.C., elles manifestent dans la rue pour réclamer l'abrogation d'une loi d'austérité qui limitait leurs dépenses de toilette. (Tite-Live, Histoire Romaine) Admises dans les banquets, plus instruites et cultivées qu'autrefois, elles participent de plus en plus à la vie mondaine, (Pline le Jeune, Lettres) culturelle et politique (Tacite, Annales) de leur temps, même si elles n'ont pas le droit de vote ni celui de participer aux assemblées. Au premier siècle après J.C., Juvénal, comme sans doute beaucoup de ses contemporains, voit avec inquiétude les femmes envahir des terrains jusque là réservés aux hommes : la littérature, (Juvénal, Satires) les sports et même les sports de combat. (Juvénal, Satires) Elles participent, surtout dans les milieux riches, au relâchement général des moeurs : rivalisent parfois de vulgarité avec les hommes dans les banquets, (Juvénal, Satires) multiplient adultères et divorces. (Sénèque, De beneficiis)

    femme

    La vie dans la cité et hors de la cité

    Musée Vivant de l'Antiquité