La procession des Panathénées


(Athéna parle)

Au mois d'Hécatombeion, mon peuple entier se portait vers moi conduit par ses magistrats et par ses prêtres. Puis s'avançaient en robes blanches avec des chitôns d'or les longues files des vierges tenant des coupes, des corbeilles, des parasols ; puis les trois cents boeufs du sacrifice, des vieillards agitant des rameaux verts, des soldats entrechoquant leurs armures, des éphèbes chantant des hymnes, des joueurs de flûte, des joueurs de lyre, des rhapsodes, des danseuses ; enfin, au mât d'une trirème marchant sur des roues, mon grand voile brodé par des vierges qu'on avait nourries pendant un an d'une façon particulière ; et quand il s'était montré dans toutes les rues, toutes les places et devant tous les temples, au milieu du cortège psalmodiant toujours, il montait pas à pas la colline de l'Acropole, frôlait les Propylées et entrait au Parthénon.

Flaubert, la Tentation de Saint Antoine, V.


Les fêtes religieuses