Une parabase


Depuis qu'il est à la tête d'un choeur comique, notre poète ne s'est pas encore présenté devant les spectateurs pour louer son talent. Mais calomnié par ses ennemis devant les Athéniens [...] il désire aujourd'hui répondre à ces attaques en s'adressant à ces mêmes Athéniens. [...]

Il prétend vous avoir rendu de nombreux services, notre poète, en vous empêchant désormais de vous laisser trop abuser pas des discours d'étrangers, de prendre plaisir aux flatteries, d'être des citoyens gobe-mouches. Jadis les députés des cités confédérées, quand ils voulaient vous duper, avant toute chose vous appelaient le peuple "couronné de violettes" ; en entendant ces mots, aussitôt, à cause des "couronnes", vous vous asseyiez sur le bout de vos fesses.

Quelqu'un, pour chatouiller votre vanité parlait-il de la "brillante Athènes", il obtenait du même coup tout ce qu'il voulait avec ce mot "brillante", en vous appliquant un qualificatif propre aux sardines. [...] Vous, gardez-vous de vous jamais séparer (du poète) car toujours ses comédies défendront la cause de la justice.[...], sans vous flatter, [...] sans faire le fourbe, sans vous inonder d'éloges, mais en vous enseignant ce qui est le mieux.

Aristophane, Acharniens, v.629-660 passim


Le théâtre