Le défilé des ludi Romani


Le poète Juvénal (né avant 65, il meurt après 128) s'interroge sur la réaction du philosophe grec Démocrite, qui riait de tout, s'il eut assisté à la Pompa circensis (défilé des ludi Romani).

Qu'eut il fait, s'il avait vu le préteur juché, sur un char grand modèle, s'avançant majestueusement au milieu de la poussière du cirque, revêtu de la tunique de Jupiter, portant sur ses épaules, ample comme un rideau, une toge brodée de Sarra (= Tyr, en Phénicie),

et au-dessus de sa tête une large couronne, si volumineuse qu' il n'est point de cou qu'elle ne fit plier ? En fait, c'est un esclave public qui la soutient, ruisselant de sueur : pour prévenir chez le consul tout sentiment de vanité, un esclave est là sur le même char que lui.

Ajoutez le bâton triomphal en ivoire, surmonté d'un aigle qui s'envole ; d'un côté, les trompettes, de l'autre, le long cortège bénévole qui le précède,

les Quirites (= citoyens romains de vieille souche) en toge neigeuse marchant auprès de ses chevaux et dont la sportule (= panier dans lequel les riches plaçaient les dons en nature ou en argent qu'ils faisaient à leurs clients) enfouie dans leurs bourses, a fait des amis.

Juvénal, Satires, X, v. 36-46


Les jeux et les fêtes de la Cité