la joyeuse fête d'Anna Perenna


Aux Ides a lieu la joyeuse fête d'Anna Perenna non loin de tes rives, Tibre venu de l'étranger.

Les Ides tombent en mars, qui fut jusqu'en 153 avant J,C, le premier mois de l'année, le 15 mars.

Anna Perenna : cette déesse personnifie l'année dans son écoulement et son retour perpétuel.

Tibre venu de l'étranger. le Tibre prend sa source en Toscane, donc en pays étrusque.

Les gens viennent et se répartissent çà et là à travers le pré verdoyant , ils se mettent à boire, chacun installé avec sa chacune.

Il y en a qui restent à ciel ouvert, quelques-uns montent des tentes, certains construisent des cabanes en feuillage avec des branches, d'autres plantent, en guise de colonnes rigides, des tiges de roseaux au-dessus desquelles ils étendent leur toges déployées.

Cependant soleil et vin les échauffent, ils se souhaitent autant d'années qu'ils vident de coupes et les comptent en buvant. Tu trouveras des hommes capables de siffler les années de Nestor, des femmes qui par le nombre de coupes, seront devenues Sibylles.

Nestor et la Sibylle sont la référence de la longévité, l'un chez les hommes l'autre, chez les femmes

Ils chantent là tout ce qu'ils ont appris au théâtre et les gestes de leurs mains marquent la cadence de leurs paroles.

Autour d'un vase posé à terre ils mènent des rondes rustiques et, toute pomponnée, la petite amie danse. cheveux au vent.

"Ils chantent là..." : Ovide écrit plus loin que les jeunes filles chantaient des grivoiseries et des obscénités, qui étaient probablement destinées à écarter le mauvais oeil. (v. 675-676)

Au retour, ils titubent et se donnent en spectacle aux badauds et la foule qui les croise les appelle "bienheureux".

J'ai rencontré récemment tel cortège (il m'a semblé digne d'être signalé). un vieillard soûl était traîné par une vieille tout aussi soûle.

Ovide. Fastes III,15, v.523-.542


Les jeux et les fêtes de la Cité