Jeux et distractions privés

LES JEUX ET LES DISTRACTIONS DES ENFANTS ET DES ADULTES DANS LA VIE QUOTIDIENNE SOUS LA REPUBLIQUE ET L'EMPIRE

Les Romains de toutes les conditions, de tous les âges étaient des passionnés des jeux. (Suétone, Auguste), (Suétone Claude), (Cicéron, De la vieillesse), (Cicéron, De l'orateur). Si curieusement le latin ne dispose d'aucun mot pour désigner le jouet, l'objet jouet n'en a pas moins une existence réelle : hochets sonores pour le nourrisson, petits chariots en bois ou en terre cuite, (Horace, Satires) cerceaux à clochettes, toupies pour les petits enfants, (Virgile, Enéide) qu'on promène aussi dans de vrais chariots attelés de poneys. Parfois des courses sont organisées, à l'imitation de celles du cirque.

A l'âge où on commence à aller à l'école, les petites filles ont des poupées, souvent articulées, qu'elles peuvent habiller. Les garçons pratiquent le jeu des noix, (Ovide, Le noyer) ils jouent aux osselets, (Sénèque, de la Constance du sage) aux dés. Comme chez nous on joue encore parfois aux billes, à colin maillard, avec des balles et des ballons ; ils se baignent et nagent ou du bord, ils s'amusent à faire des ricochets. (Minucius Félix, Octavius)

Plus on s'approche de la période de l'adolescence, plus les jeux ressemblent aux distractions en faveur auprès des adultes (la chasse, l'équitation). La pratique des exercices athlétiques (celles mentionnées déjà mais aussi la course à pied, le saut le lancer du disque) visait à former des corps vigoureux et sains : les garçons sont de futurs soldats. (Horace, Odes)

Les adultes apprécient aussi les jeux de hasard (les dés (Suétone, César) et les osselets, pile ou face, pair impair), d'autres où l'habileté du joueur corrige le hasard (mourre, trictrac romain), d'autres enfin où seule la science du joueur conduit au succès (jeux que l'on considère comme apparentés aux échecs et aux dames). (Sénèque, Lettres à Lucilius) (Sénèque, De la tranquillité de l'âme)

Beaucoup de jeux s'accompagnaient d'enjeux et de paris, quelquefois très importants, (Suétone, Néron) cette passion des romains se manifestait non seulement dans les jeux de hasard mais aussi - on le verra - lors des courses de chars. Aussi le pouvoir politique, sous la République et sous l'Empire avait-il frappé d'interdiction les paris, sous peine de très lourdes amendes. (Cicéron, 2ème Philippique) Mais il était toujours possible de prendre des paris clandestins dans les lieux publics et dans les auberges et cabarets dont les arrières-salles faisaient office de tripots.

Dans les Thermes, fréquentés assidûment, surtout sous l'Empire, où ils deviennent un lieu de loisir par excellence, les hommes, mais aussi les femmes, se préparaient au bain par des exercices physiques d'une grande intensité parfois (jeu de balle à trois joueurs disposés en triangle, jeu de paume , harpastum où on doit se saisir de la balle -harpasta- au milieu des concurrents, malgré les poussées, les assauts de vitesse et les feintes, dans un nuage de poussière, poids et haltères etc.) ou plus calmes et plus élégants et réclamant plus d'habileté que de force (la conquête d'un ballon rempli d'air) (Martial, Epigrammes), (Martial, Epigrammes), (Martial, Epigrammes), (Martial, Epigrammes). La course derrière un cerceau était surtout pratiquée par les femmes.

Aussi bien sous la République que sous l'Empire, certains esprits ont manifesté leur dédain ou leur hostilité à l'égard des jeux et activités physiques qui plaisaient tant à la foule : ce sont les hommes adonnés à l'étude, les philosophes et les moralistes, qui les condamnent parfois avec une grande véhémence. (Cicéron, De l'Orateur)


Jeux et distractions La vie dans la cité et hors de la cité Musée Vivant de l'Antiquité