Une influence bénéfique


A chacun son motif (de) donner des lectures : le mien, comme je l'ai dit souvent est de me faire avertir des fautes qui m'auraient échappé et certainement il m'en échappe. Aussi m'étonné-je de ce que vous m'écrivez, qu'il s'est trouvé des gens pour me blâmer du fait même de donner lecture des plaidoyers, comme si, en vérité, ils croyaient que ce fussent les seules oeuvres à ne pas corriger.

Mais je leur demanderais volontiers pourquoi ils accordent - si toutefois ils l'accordent - qu'une histoire doit être lue en public, quand ce genre d'écrit est une oeuvre non d'apparat, mais bien d'exactitude et de sincérité ; pourquoi une tragédie, qui appelle non une salle de lecture mais une scène et des acteurs ; pourquoi des poèmes lyriques, auxquels il faut non un lecteur, mais un choeur et une lyre.

C'est dira-t-on, que de tous ces ouvrages la lecture publique est déjà passée dans nos moeurs. Faudrait-il donc s'en plaindre à celui qui en a inauguré l'usage ? D'ailleurs les plaidoyers aussi ont été souvent lus par certains de nos compatriotes et par les Grecs.

Pline le Jeune, Lettres VII, 17, 1-4


les lectures publiques