Le danger des lectures publiques


Moi personne ne lit mes écrits que je n'ose débiter en public parce qu'il y a des hommes à qui ce genre déplaît fort, ceux qui méritent le blâme étant la majorité [...] Aucune boutique, aucun pilier ne pourrait offrir mes petits livres aux mains suantes de la foule et d'Hermogène Tigellius. Je ne les débite à personne, sinon à mes amis, et encore par contrainte ; tout lieu tout public ne m'est pas bon.

Il y a bien assez de gens pour débiter leurs écrits en plein forum, ou aussi, dans les bains : un lieu clos renforce agréablement le son de la voix ; c'est un plaisir pour les esprits futiles qui, dans ce qu'ils font, ne s'inquiètent ni du sens commun ni de l'à propos.

Horace, Satires, I, IV, v. 22-25 et 71-78

N.B. : Au moment où Horace écrit ces vers, la mode des lectures publiques est récente.


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