Tout un cérémonial


Tirez-moi d'embarras : on dit que je lis mal, du moins les vers ; car pour les discours je réussis, bonne raison pour échouer dans les vers. Je songe donc, pour une lecture que je vais donner à des amis avec lesquels je ne fais pas de cérémonie, à essayer un de mes affranchis. Cela aussi est sans cérémonie d'avoir choisi non précisément un bon lecteur, mais un lecteur meilleur que moi (je le sais), si toutefois il ne s'intimide, pas.

Car il est aussi nouveau lecteur que je suis nouveau poète. Quant à moi, je ne sais quelle attitude avoir pendant la lecture ; resterai-je assis, immobile et muet, comme étranger à ce qui se passe, ou bien, ainsi font certains, accompagnerai ce qu'il lira d'un murmure, du regard, du geste ? Mais je crois que je suis aussi mauvais pantomime que mauvais lecteur.

Pline le Jeune, Lettres, IX, 34, 1-2


les lectures publiques