Engouement des Romains pour les courses du cirque

spectacle que Pline le Jeune juge "futile, sot, monotone".

Aussi suis-je étonné que tant de milliers d'hommes (1) soient repris de temps en temps, comme de grands enfants, du désir de voir des chevaux lancés à la course, des cochers assis sur des chars. Si encore on s'intéressait soit à la rapidité des chevaux, soit à l'habilité des cochers, ce goût pourrait s'expliquer; mais c'est l'habit qu'on applaudit, c'est l'habit qu'on aime et si en pleine course et au beau milieu de la lutte, la première couleur passait au second cocher et la seconde au premier, les voeux et les applaudissements changeraient de camp et tout à coup les fameux conducteurs, les fameux chevaux qu'on a l'habitude de reconnaître, dont on ne cesse d'acclamer les noms seraient plantés là. Telle est la faveur, telle est l'importance qu'accordent à une misérable tunique, je ne dis pas la foule plus misérable encore que la tunique, mais certains hommes sérieux.

(1) plus de 200000 spectateurs, au Circus Maximus

Pline le Jeune, Lettres, IX, 6



Attitude des Romains à l'égard des spectacles