Horreur et réprobation

[...] En pénétrant dans les arènes après bientôt deux mille ans de Christianisme, nous avons l'impression de descendre dans l'enfer de l'antiquité ? Pour l'honneur des Romains nous voudrions arracher du livre de leur histoire ce feuillet où se brouilla, tachée d'un sang indélébile, l'image de la civilisation dont ils ont créé les vocables significatifs et propagé la vivante réalité. Il ne nous suffit pas de réprouver, nous n'arrivons même plus à comprendre l'aberration dans laquelle est tombé leur peuple lorsqu'il a transformé le munus, ce sacrifice humain, en une fête célébrée joyeusement par la cité tout entière, et qu'entre tous les plaisirs qui lui étaient offerts il a préféré l'égorgement d'hommes qui n'avaient été armés que pour tuer et être tués devant lui.

Jérôme Carcopino, La vie quotidienne à Rome à l'apogée de l'empire (1939)



Attitude des Romains à l'égard des spectacles