Cruauté de Claude

Dans tous les combats de gladiateurs, donnés par lui ou par quelqu'autre, il faisait égorger même ceux qui tombaient par hasard, surtout les rétiaires, pour observer leur visage quand ils expiraient (1). Deux gladiateurs s'étant mutuellement frappés à mort, il ordonna de fabriquer sans retard avec leurs deux fers de petits couteaux pour son usage. Les luttes de bestiaires et les combats de midi lui plaisaient si fort, que non seulement il descendait au spectacle dès l'aube, mais restait à sa place à midi, quand le peuple sortait pour déjeuner, et, non content des gladiateurs prévus, faisait combattre tout à coup, même pour un léger motif, jusqu'à des machinistes, des employés ou des gens de cet ordre, lorsqu'un dispositif automatique, une trappe ou tel mécanisme de ce genre n'avait pas joué comme il faut. Il fit même descendre dans l'arène un de ses nomenclateurs, comme il était, avec sa toge.

(1) les rétiaires combattaient à visage découvert.

Suétone, Claude, XXXIV



Attitude des Romains à l'égard des spectacles