DECLIN ET FIN DE LA GLADIATURE


La gladiature a décliné Progressivement dans le courant du 4ème sicle avant de disparaître définitivement. Pourquoi ? Alors que le goût qu'éprouvaient pour elle les hommes et les femmes de toutes les conditions sociales, à Rome et dans tout l'Empire, avait été si vif et ne s'était guère affaibli pendant cette si longue période, alors que le dédain que suscitaient les jeux chez nombre de bons esprits n'avait débouché sur aucune action concrète. C'est sans doute qu'une évolution lente s'est produite dans les esprits et qu'elle a concerné le pouvoir lui-même. L'influence des païens éclairés et surtout du christianisme a été déterminante : les chrétiens, minorité persécutée avec plus ou moins de vigueur et de continuité selon les époques, ont vu leur nombre s'accroître dans le peuple d'abord et, peu à peu, dans toutes les sphères de la société jusqu'au moment où les empereurs eux-mêmes se sont convertis (Constantin reconnaît de fait la religion chrétienne comme religion d'Etat en 312. Il meurt en 337). Cette conversion de caractère religieux a été suivie ou accompagnée d'un changement profond de l'attitude du pouvoir à l'égard des sujets. Un empereur païen ne voyait dans les populations de l'empire qu'une foule dont son administration s'occupait activement, et de façon bénéfique sans doute, mais qu'il méprisait dans son for intérieur. L'univers des gouvernants et des gouvernés n'étaient pas de la même essence. Pour un empereur chrétien, les sujets restaient des sujets mais ils étaient assurément des enfants de Dieu, comme lui-même, et il leur- devait sa protection tutélaire, qui se manifestait tout autant dans la vie morale et spirituelle que dans leur existence matérielle. Or les spectacles - tous les spectacles - détournent de Dieu et souillent les âmes. L'Eglise condamne donc le cirque, le théâtre et, à plus forte raison, l'amphithéâtre, lieu de mort, d'autant plus vigoureusement que les chrétiens en avaient été maintes fois les victimes. Tous ceux qui, passant en jugement, n'abjuraient pas leur foi étaient mis à mort ou livrés aux bêtes. L'exemple le plus connu, en Gaule, est celui des martyrs de Lyon, sainte Blandine, saint Pothin et leurs compagnons en 177. La construction de la Cité de Dieu ne pouvait s'accommoder de l'existence et de la pérennité de jeux dégradants et sanglants. Les spectacles sportifs, ceux du cirque-et du théâtre réapparaîtront bien des siècles plus tard, malgré l'opposition de l'Eglise pour certains, jamais les jeux de l'amphithéâtre.


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