Des conditions d'abord inconfortables

Valère Maxime n'est sans doute pas un véritable historien, au sens où nous l'entendons, et on se montre le plus souvent très sévère à son égard. Son oeuvre n'en contient pas moins une foule d'informations. sur l'histoire des spectacles ( cirque, théâtre, amphithéâtre) à Rome depuis les origines jusqu'à son époque (Auguste et Tibère). Par commodité, nous rassemblons ici des textes qui concernent aussi bien ces trois types de spectacles, dans la mesure où ils offrent des traits communs.
Voici ce qu'il nous dit des conditions dans lesquelles les Romains assistaient aux spectacles dans les temps anciens.

Ils (= les théâtres) datent certes de la censure de Messala et Cassius. Mais, à l'initiative de Publius Scipion Nasica, il fut décidé que tout le matériel qui avait servi à les bâtir serait mis aux enchères pour être vendu. Et même un sénatus -consulte a été pris pour empêcher que, dans la ville ou à moins de mille pas de ses limites, on cherchât à placer des gradins ou à s'asseoir pour assister aux Jeux publics, avec l'intention sans doute, en l'associant à la détente qu'y trouvaient les esprits, de faire connaître la vigueur qu'on manifeste en se tenant debout et qui caractérise le peuple romain.

Messala et Cassius : censeurs en 154 av. J.C.
Publius Cornélius Scipio Nasica : censeur en 159 (après avoir été consul en 162.
Selon Velleius Paterculus les théâtres auraient été créés dix ans auparavant, en 169.

Valère Maxime, Actions et paroles mémorables, livre 2 , 4 , 2

Cette sévérité des moeurs s'est adoucie considérablement avec le temps

La piété qui inspirait les Jeux publics fut, sous l'effet de l'augmentation des ressources matérielles, remplacées par le goût du faste. Sous son impulsion Quintus Catullus, imitant l'amour du luxe des Campaniens, fut le premier à placer les sièges des spectateurs à l'ombre de toiles. Pompée prit l'initiative de faire couler de l'eau à travers les travées pour adoucir la rigueur de l'été. Claudius Pulcher fit orner la scène de tableaux aux couleurs variées, alors qu'elle était auparavant tendue de panneaux sans aucune décoration. Toute sa surface fut recouverte d'argent [...], d'or [...], d'ivoire [...] ; pourvue de décors transformables [...] ; ornée [...] par l'argent (placé) sur les costumes du choeur. Les cortèges d'ouverture, qui portaient d'abord des tuniques de couleur pourpre, reçurent [...] une tenue particulièrement somptueuse.

Valère Maxime, Actions et paroles mémorables, livre 2, 4 , 6


Les Lieux où se déroulent les spectacles