Hommes et femmes, d'abord admis ensemble...

En dépit des améliorations dont il est question ci-dessus, le confort n'a jamais été très grand. C'est surtout l'exiguïté des places qui causait de la gêne aux spectateurs - certains en profitant, quand leur voisin était... une voisine. Les textes d'Ovide qui suivent concernent le cirque mais la situation était-elle différente dans l'amphithéâtre ?

Mais toi , qui que tu sois, qui es assis à la droite de ma belle, épargne-la ; tu la gênes en t'appuyant sur elle et toi aussi, qui es assis derrière nous , retire ta jambe, si tu as quelque retenue, n'appuie pas sur son dos ton rude genou.

Ovide, Amours III, 2 vers 21-24

Fais aussi bien attention, si celui qui sera assis derrière vous n'appuie pas le genou sur son dos délicat. Il en faut peu pour capter un esprit léger ; bien des gens ont réussi en arrangeant un coussin d'une main complaisante, ont réussi également en faisant du vent avec une mince tablette (= le programme)., en plaçant un tabouret sous les pieds délicats. Ces moyens d'arriver à un nouvel amour, le cirque les donnera comme aussi le sable tragique répandu sur le sol, au milieu d'un public anxieux.

Ovide, L Art d'aimer, I, vers 157-164


Avant que l'empereur Auguste n'eût décidé de mettre un peu d'ordre dans l'assistance (cf, dans la même section, les renvois 3a, 3b et 3c), il régnait souvent dans les lieux de spectacles une liberté, voire une licence, qui choquèrent les autorités. Certains spectateurs, tel le poète Ovide, n'y assistaient que pour faire des conquêtes ou s'assurer les faveurs de la femme qu'ils accompagnaient. Le spectacle en lui-même les intéressait peu. C'était à ses dires des lieux dangereux pour les jolies femmes, ce qui, semble-t-il, ne les détournait pas de les fréquenter

C'est assurément d'après cette coutume solennelle (=allusion à l'enlèvement des Sabines au temps de Romulus) que les théâtres restent encore aujourd'hui pleins de pièges pour les jolies femmes.

Ovide, l'Art d'aimer, I, vers 133-134

Si je m'assieds ici, ce n'est point pour l'intérêt que je porte à de nobles chevaux, et pourtant je souhaite que soit vainqueur celui auquel vont tes voeux Je suis venu pour causer avec toi et pour m'asseoir à ton côté, et pour ne pas te laisser ignorer l'amour que tu m'inspires. Tu regardes la course et moi je te regarde; regardons tous les deux ce qui nous plaît et que chacun de nous satisfasse ses yeux ! Oh ! qu'il est heureux, le cocher auquel tu t'intéresses ! il a donc le bonheur d'exciter ton souci; que je l'excite aussi et, sortant de l'écurie sacrée, je prendrai pied hardiment sur le char qu'emporteront les chevaux. Et tantôt je leur abandonnerai les rênes, tantôt je marquerai leurs dos de coups de fouet, tantôt, de la roue intérieure, je frôlerai les bornes, mais si, dans ma course rapide, je venais à t'apercevoir, je m'arrêterais et les rênes glisseraient de mes mains.

Ovide, Amours, III, 2, vers 1-16


Les Lieux où se déroulent les spectacles