LES PARTICIPANTS


Ce sont des prisonniers de guerre, des condamnés à mort (Sénèque, lettres à Lucilius, Tacite, Annales) mais aussi des hommes libres attirés par le gain ou le goût de paraître parfois même des membres de l'aristocratie (sénateurs et chevaliers) (Suétone, César, Suétone, Auguste). Le recrutement a beaucoup varié selon les époques. Le particulier ou le magistrat désirant offrir un spectacle s'adressait à un chef de troupe (lanista, le mot est d'origine étrusque) qui louait ou vendait les combattants qu'il avait recrutés et dont il assurait l'entretien et l'entraînement dans des casernes privées. Il exerçait un métier méprisé mais lucratif. Son rôle a perdu peu à peu de son importance, des particuliers entretenant eux-mêmes des troupes sans encourir aucun déshonneur puisqu'ils n'étaient pas des professionnels et n'en tiraient aucun profit d'argent. Sous l'Empire, l'Etat, devenu l'unique entrepreneur de spectacles, à Rome du moins, recrute les futurs combattants dans toutes les provinces, assure leur entretien et les loge (sauf les hommes mariés qui peuvent vivre à l'extérieur) dans de grandes casernes (ludi), certaines étant réservées aux gladiateurs, d'autres aux "chasseurs". Ces casernes, outre les cellules des hommes hébergés, comportent des salles d'entraînement, des ateliers, des magasins. Y séjournent ou y sont attachés des armuriers, des forgerons, des maîtres d'armes, un médecin. Il existe un grand nombre de types de combattants, qui se distinguent par leur armement et par suite leur manière de combattre. On ne saurait les citer ni les décrire tous. Les plus connus sont le mirmillon et le rétiaire, qui combattent souvent l'un contre l'autre ( il n'est pas d'usage de faire affronter des combattants de la même catégorie). Le premier porte un casque à cimier en forme de poisson, se protège avec un bouclier oblong et attaque avec une épée. Le second, dont seul le bras gauche est protégé par une pièce métallique, s'efforce, avec un trident de tenir à distance son adversaire et cherche , avec un filet (rete) de l'envelopper et de l'immobiliser. S'il échoue dans
cette manoeuvre et perd son filet, son sort est scellé. Certains combattants portent le nom du peuple dont ils sont originaires, le Samnite, le Thrace, le Gaulois et ont un armement qui leur est propre. Un combat se déroule selon des règles strictes, certains coups sont interdits ; celui qui les hasarde s'aliène le public et est rappelé à l'ordre par le laniste. Au terme du combat, les spectateurs imposent généralement au président des jeux ( l'editor), la décision d'épargner le vaincu ou de le faire mourir de la main de son vainqueur. Ils se montrent impitoyables à l'égard de celui qui, à leurs yeux, a fait preuve de lâcheté ou n'a pas respecté les règles du combat. Mieux vaut aussi combattre en fin d'après-midi, à l'heure où la foule, rassasiée de sang, se lasse de sa propre cruauté. On a constaté qu'avec le temps la grâce a été de moins en moins accordée et le nombre de mises à mort a augmenté, ce qui n'était pas sans poser un problème pour qu'on pût avoir des combattants à disposition. Il y a un rituel de la mise à mort et, à la caserne , le gladiateur apprenait comment il faut donner la mort et comment il faut la recevoir pour mériter l'ultime éloge. Le vainqueur d'un combat reçoit des récompenses (palme honorifique, argent, objets précieux) (Suétone, Auguste, Suétone, Claude) mais il périra peut-être dans un autre affrontement. Il est arrivé à certain que ce fût de la main d'un adversaire qu'il avait épargné dans une rencontre précédente, d'où ce conseil inscrit sur les murs des casernes ; "Egorgez le vaincu quel qu'il soit". Il peut aussi être libéré par anticipation, sur décision de l'empereur, ou au terme de son engagement. Il recevait alors une baguette en bois (rudis), symbole de sa valeur et de son courage. Il est arrivé plus d'une fois que le gladiateur libéré se soit rengagé, soit qu'il fût incapable de se réadapter soit qu'il ne pût se déprendre de la vie de caserne et de l'atmosphère de l'amphithéâtre. Si les combats des hommes entre eux ont abouti à de véritables massacres ,ceux mettant en scène des animaux n'ont pas été moins sanglants, surtout quand il s'agissait d'une forme d'exécution capitale.
Les animaux aussi sont morts par milliers, animaux sauvages ou animaux domestiques (Calpurnius, Eglogues, Cicéron, Lettres, Suétone, Auguste, Stace, Silves) On allait chercher fort loin, en les payant très cher, éléphants, rhinocéros, girafes, autruches, ours, tigres, panthères, lions etc, destinés à figurer dans la ménagerie impériale et dans les jeux de l'amphithéâtre. La nourriture des bêtes, les longs voyages par terre et sur mer coûtaient des sommes si considérables que le trésor public en fut parfois lourdement obéré. L'Afrique, l'Europe, l'Asie ont été exploitées pendant des siècles pour satisfaire les passions du peuple-roi.


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