Le "Meridianum" : les participants sont des condamnés à mort.

Le hasard m'avait fait tomber en plein spectacle de midi ; je m'attendais à des jeux, à des saillies , à quelque divertissement où 1'oeil de l'homme pût se reposer de la vue du sang humain. C'est le contraire. Les précédents combats étaient en comparaison oeuvre de pitié. Finie maintenant la bagatelle ! C'est le pur et simple assassinat. Les combattants n'ont rien pour se couvrir. Toute leur personne est exposée aux coups ; eux-mêmes ne frappent jamais à faux. Ce genre de travail intéresse le grand public plus que les exhibitions de "couples" ordinaires ou favoris. Et la préférence se comprend. Ici, pas de casque, pas de bouclier qui arrêtent le fer. Pourquoi des pièces de protection ? A quoi bon les passes savantes ? Tout cela ne fait que retarder la mort. Le matin, on expose des hommes aux lions et aux ours ; à midi, à leurs spectateurs. Contre celui qui le tuera chaque tueur est exposé par ordre de la foule ; on garde le vainqueur pour un nouveau meurtre. Quelle issue ? La mort des combattants. Le fer et le feu accomplissent la besogne. Voilà ce qui se fait pour occuper
l'arène.

Sénèque, lettres à Lucilius, I, 7, 3-4


Les participants