La mort d'un lion.

Tu tombes, habile ravageur des grandes bêtes fauves, non point enfermé par une troupe de Massyles dans le cercle de leurs toiles, ni lancé d'un bond redoutable au-dessus des épieux, ou abusé par le trou dissimulé d'une trappe, mais vaincu par une bête fauve qui s'enfuit; elle est là, ouverte sur ses gonds, la malheureuse cage; et, tout autour de l'arène, derrière leurs portes fermées, les lions effrayés ont été envahis de crainte à l'idée qu'un tel sacrilège ait pu être permis. Tous alors ont laissé pendre leurs crinières et, honteux de te voir ramener, ont complètement abaissé sur leurs yeux la peau de leur front. Mais toi, tout étendu que tu fusses au premier coup de l'adversaire, cette honte jusque-là inconnue ne t'a pas abattu; ton courage t'est resté, et ta valeur, du sein de la mort où déjà tu étais plongé, t'est revenue dans ta chute : toutes tes menaces n'ont pas immédiatement pris la fuite : de la même façon que, connaissant la profondeur de la blessure qu'il a reçue, un guerrier s'avance mourant contre l'ennemi qui lui fait face, lève le bras et, d'un fer qui lui glisse des mains, le menace encore, tout ainsi le lion, d'un pas mal affermi, dépouillé de sa gloire coutumière, la gueule ouverte, assure son regard et cherche à retrouver son souffle en même temps que son ennemi.

Stace, Silves, II, 5, v 7sqq


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