Les juges vus par eux-mêmes. Des Guêpes ?


" En nous observant à bien des égards, vous nous trouverez en tous points pour le caractère et la manière de vivre, tous pareils à des guêpes. Tout d'abord, il n'y a pas d'animal, quand on l'agace, plus irritable que nous et d'humeur plus difficile ; puis, pour le reste, nous avons tous les manèges des guêpes .
Réunis par essaims comme dans les guêpiers, les uns chez l'Archonte, les autres auprès des Onze, d'autres à l'Odéon, jugent : ils se tiennent contre les murailles, comprimés et serrés, penchés vers la terre, ayant peine, comme les larves dans leurs cellules, à se mouvoir. Du reste, pour nous procurer la subsistance, nous sommes très industrieux : c'est en piquant tout le monde que nous gagnons notre vie.

Malheureusement il y a des frelons établis parmi nous, qui n'ont point de dard et qui , restant en place, dévorent le tribut péniblement acquis, sans se donner du mal. Et ce qui est le plus douloureux pour nous, c'est lorsqu'un individu, qui n'a pas servi à l'armée, absorbe notre salaire, sans avoir jamais pris, pour la défense du pays, ni rame, ni lance, ni...ampoule ? Eh bien, je suis d'avis qu'à l'avenir quiconque parmi les citoyens, pour le dire en un mot, n'aura pas d'aiguillon, ne reçoive pas le triobole."

Aristophane, Les Guêpes, v.1102-1121


La justice à Athènes