les tablettes magiques

Elles sont extrêmement nombreuses et, pour leur très grande majorité, constituées de minces lamelles rectangulaires de plomb. Ces lamelles sont enroulées ou pliées et fixées par un ou plusieurs clous. Ces clous servaient non seulement à clore la tablette mais aussi à affirmer la volonté énergique du rédacteur à l'égard du destinataire qu'il voulait assujettir. Le terme grec pour ces tablettes est katadesmos (= ligature), le terme latin, defixio.

Le choix du plomb (métal malléable facile à graver et indestructible) est symbolique : il traduit, lui aussi, la volonté de plier l'autre à sa résolution et d'indiquer que cette volonté ne renoncera jamais.

La maladresse des inscriptions et des tracés prouve que ces tablettes étaient rédigées par tout un chacun, et souvent à la sauvette. De même, le caractère stéréotypé des formules, accompagnant une langue vulgaire remplie d'injures, traduit une tradition orale. Ces tablettes ont été étudiées sérieusement depuis la fin du XIXe siècle et au XXe. Certains sites, comme Sélinonte en Sicile, l'Attique en Grèce et le site de Kourion à Chypre se sont révélés particulièrement riches en documents de cette sorte.

Il existe aussi quelques tablettes d'or, fines feuilles de métal sur lesquelles sont inscrits des textes dits "orphiques". Mais l'orphisme procède d'un système cohérent de pensée qui ne ressortit pas, à proprement parler, de la magie.


La magie dans l'antiquité