Deux exemples d'"épagôgè"

Voici maintenant la formule de contrainte qui forcera la déesse (=Isis) à t'avertir si la pratique est accomplie. En même temps que tu brûles de la sabine (= sorte de genévrier) dis la prière inscrite sur la tablette : "Isis, vierge pure, donne-moi un signe qui me fasse connaître l'accomplissement [de ce charme]. [...] Dès que tu auras ainsi parlé [...] tu verras un astre poussé vers toi de force. Regarde-le sans crainte. Il fera sortir de lui et lancera sur toi, comme une flèche, un signe magique, lequel fera irruption en toi en sorte que tu seras possédé par la déesse; Garde le signe que voici en guise de phylactère ; il vient de la déesse, [...] il te remplira de courage...

 

Entre dans mon intelligence et dans mes pensées pour tout le temps de ma vie et accomplis pour moi tous les souhaits de mon âme. Car toi, tu es moi, et moi, je suis toi. Ce que je commande, toujours doit arriver. Car je possède ton nom en guise de phylactère dans mon coeur et nulle chair se mouvant contre moi ne pourra me dominer, nul esprit ne me résistera, nulle puissance démoniaque, nul spectre ni aucun autre des êtres mauvais de l'Hadès, à cause de ton nom à toi que je possède en mon âme et que j'invoque. Oui, apporte-moi toujours de bonnes choses, sois favorable à mes souhaits, sans me jeter un mauvais oeil [...] Lie les yeux de ceux qui me résistent, de tous et de toutes et, quant à moi, donne-moi de réussir en tout ce que j'entreprends.

Papyrus grecs magiques, LVII et XIII (trad. Festugière)



Évocation et incantation