Une incantation dans un charme d'amour

(Hymne au soleil assimilé à Horus, dieu égyptien ; texte en hexamètres dactyliques)


Au coucher du soleil, en tenant
le matériel magique provenant de la tombe, dis :
Toi qui es porté par les brises des vents vagabonds des airs,
Soleil à la chevelure d'or, qui dirige la flamme infatigable du feu,
toi qui tournes par des sentiers aériens autour du pôle,
créateur de toutes choses qu'ensuite tu réduis à rien, [...]
écoute, bienheureux : car je t'implore, maître du ciel,
de la terre, du chaos et de l'Hadès, où habitent
les démons des hommes qui jadis voyaient la lumière.
Oui, aujourd'hui encore je te prie, bienheureux, impérissable, maître de l'univers.
Si tu vas dans les profondeurs de la terre, vers la région des morts,
envoie à cette femme (N) à minuit ce démon
dont je tiens les restes en mes mains,
pour qu'il aille de nuit, selon mes ordres, poussé par ta force,
réaliser pour moi tout ce que je veux en mon coeur,
avec bonté, avec douceur, et sans hostilité envers moi.
Ne sois pas irrité de mes incantations véhémentes.
Car c'est toi qui as assigné aux hommes le soin d'apprendre
ce que trament les Moires, et ce sont là tes conseils.

Papyrus grecs magiques IV (trad. Bernand)



Évocation et incantation