Les victimes poursuivent leur meurtrier

On raconte que l'homme mort de mort violente, s'il a vécu libre et fier, est, sitôt mort, irrité contre celui qui l'a tué et, lui-même rempli de crainte et de frayeur à la suite de la violence subie, ne peut voir son meurtrier vivre les habitudes qui lui étaient à lui-même coutumières sans être pris d'effroi et, lui-même troublé, sans troubler pour autant qu'il peut son meurtrier, dont il prend la mémoire comme alliée pour l'inquiéter en son âme et dans ses actes.

Platon, Lois, 865 d-e



Nécromancie ou évocation des morts