Les victimes poursuivent leur meurtrier

(Un enfant va être immolé par la sorcière Canidie qui veut utiliser son cadavre pour composer un philtre d'amour)

Là-dessus l'enfant [...] éclata enfin en imprécations dignes de Thyeste : "Les poisons n'ont pas le pouvoir de changer ce que prescrit, ce qu'interdit la grande loi des dieux, qui règle le retour des choses humaines. Ma malédiction vous poursuivra ; une malédiction solennelle, nulle victime ne l'expie. C'est peu : lorsque, mourant par votre ordre, j'aurai rendu le souffle, je courrai vers vous, nocturne furie ; ombre, j'attaquerai vos visages de mes ongles crochus, tel est le pouvoir des dieux mânes , et, pesant sur vos poitrines angoissées, j'en chasserai le sommeil par l'épouvante. De rue en rue, la foule, vous visant d'ici et de là, écrasera sous les pierres votre vieillesse hideuse ; puis les loups et les oiseaux de l'Esquilin disperseront vos membres sans sépulture."

Horace, Épodes, V, v. 87-100



Nécromancie ou évocation des morts