La punition de Lycaon racontée par Jupiter

Il (=Lycaon) s'écrie : "Je vais bien voir, par une épreuve manifeste, si c'est là un dieu ou un mortel. Nul ne pourra plus douter de la vérité." Pendant la nuit, tandis que j'étais lourd de sommeil, il s'apprête à me surprendre et à me donner la mort ; voilà par quelle épreuve il voulait connaître la vérité. Ce n'était pas encore assez pour lui ; de son glaive il coupe la gorge à un des otages que lui avait envoyés le peuple des Molosses ; ensuite il attendrit dans l'eau bouillante une partie de ses membres palpitants et il fait rôtir l'autre sur la flamme; À peine en avait-il chargé la table que de ma foudre vengeresse j'ai renversé sur lui sa demeure, pénates bien dignes d'un tel maître. Épouvanté, il s'enfuit et, après avoir gagné la campagne silencieuse, il se met à hurler ; en vain il s'efforce de parler ; toute la rage de son coeur se concentre dans sa bouche ; sa soif habituelle du carnage se tourne contre les troupeaux et maintenant encore il se plaît dans le sang. Ses vêtements se changent en poils, ses bras en jambes ; devenu un loup, il conserve encore des vestiges de son ancienne forme. Il a toujours le même poil gris, le même air farouche, les mêmes yeux ardents ; il est toujours l'image de la férocité.

Ovide, Métamorphoses, I, v. 225-239



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