À quoi sert la magie puisque je n'ai pu retenir mon époux ?

"J'ai perdu royaume, patrie, maison et me voici privée de l'époux qui à lui seul était tout pour moi. Ainsi serpents, taureaux furieux, j'ai pu les dompter ; je fus impuissante contre un seul : mon époux. Moi dont les philtres savants repoussèrent les flammes sauvages, je ne suis pas capable d'échapper à mes propres feux. Eux aussi, mes enchantements, mes simples, mon art m'abandonnent ; ni la déesse, ni les mystères de la puissante Hécate ne peuvent rien. Le jour ne m'est plus agréable ; mes nuits sont des veilles amères, et le tendre sommeil fuit mon sein malheureux. Moi qui assoupis le dragon, je ne peux m'assoupir ; plus utile à quiconque est ma science qu'à moi-même. Les membres que j'ai sauvés, une rivale les étreint et de mon labeur c'est elle qui a le fruit."

Ovide, Héroïdes, XII, v. 161-174



les pratiques de la magie dans la littérature grecque