Déjanire envoie une tunique enchantée à son époux.

(Elle raconte d'abord comment elle a en sa possession un philtre d'amour)

"En expirant, le monstre (= le centaure Nessos) n'eut que le temps de dire : "Fille du vieil Oenée, écoute quel profit tu retireras, si tu suis mes conseils [...] : si de ma mortelle blessure tu recueilles le sang coagulé, à la partie de la flèche où l'hydre de Lerne l'a imprégnée de son noir venin, ce te sera un philtre pour l'esprit d'Héraklès et pour empêcher ce héros de te préférer jamais aucune rivale." J'ai pensé à ce philtre, mes amies, car après la mort de Nessos je l'avais enfermé avec soin dans le palais et j'en ai teint cette tunique, sans rien oublier de ce qu'il m'avait prescrit de vive voix. La chose est terminée. [...] Par des philtres, par des charmes qui enchantent Héraklès, essayer de triompher de ette jeune fille, voilà l'acte que j'ai accompli."

(Elle confie ensuite la tunique au héraut Lichas)

"Prends cette fine tunique, c'est un don de ma main que je fais à mon mari. En la remettant, recommande-lui que personne ne s'en couvre le corps avant lui : elle ne doit voir ni les rayons du soleil, ni l'enceinte sacrée d'un temple, ni la flamme brillante du foyer avant qu'il paraisse lui-même avec éclat et la montre aux dieux dans un jour de solennel sacrifice."

Sophocle, Les Trachiniennes, v. 569-586 et 604-609



les pratiques de la magie dans la littérature grecque