Les effets de la tunique fatale.

Tout d'abord, l'infortuné (Héraklès) commença les prières, l'âme sereine et tout joyeux à cause de ce vêtement qui le parait, mais quand de l'auguste sacrifice s'élança, brillante, la flamme nourrie par le sang et le bois résineux, une sueur monta à sa peau, sa tunique s'attache à ses flancs, comme aux flancs d'une statue et se colle étroitement à chacun de ses membres ; une morsure convulsive pénétra jusqu'à ses os; on aurait dit que le venin d'une sanglante, d'une cruelle vipère le dévorait.

(Il fait venir Lichas, le saisit et le lance contre un rocher puis...)

Il se tordait par terre, il bondissait en l'air, criant, hurlant ; autour de lui retentissaient les rochers, caps montueux de la Locride, promontoires de l'Eubée. Quand il se fut épuisé à se meurtrir, le malheureux, sur le sol, à pousser de longs cris de douleur [...] dans la fumée qui l'entoure, il lève un oeil hagard, il me (1) voit en pleurs au milieu de la foule il me regarde, il m'appelle : "Mon enfant, approche, ne fuis pas mon mal, même s'il faut que ma mort entraîne ta mort ; enlève-moi loin d'ici, surtout mets-moi où personne ne puisse me voir ; et si tu as de la compassion pour moi, au moins éloigne-moi promptement de ce pays, que je ne meure pas où je suis."

(1) C'est Hyllos, son fils, qui parle.

Sophocle, Les Trachiniennes, v.756-771 et 786-802



les pratiques de la magie dans la littérature grecque