...et préparons nos philtres !

Où sont mes branches de laurier ? Apporte, Thestylis. Où sont les philtres ? couronne la coupe de fine laine teinte en rouge. Je veux enchaîner à moi l'amant cher qui me fait de la peine. [...] C'est la farine d'abord que l'on consume dans le feu. Mais répands-la donc, Thestylis ! [...] Répands et dis en même temps ces paroles: "Ce sont les os de Delphis que je répands."

Iynx, attire vers ma demeure cet homme, mon amant.

Delphis m'a fait du mal ; moi, à l'intention de Delphis, je brûle cette branche de laurier ; et comme elle craque fort en prenant feu, comme elle s'est embrasée tout d'un coup sans laisser même de cendre visible, ainsi puisse la chair de Delphis s'anéantir dans la flamme.

Iynx, attire vers ma demeure cet homme, mon amant.

Comme je fis fondre cette cire avec le concours de la déesse, ainsi fonde d'amour à l'instant le Myndien Delphis. [...] Maintenant je vais brûler le son.[...] Par trois fois je fais une libation, et trois fois, souveraine, je prononce ces mots : "Qu'une femme soit couchée près de lui ou un homme, qu'il l'oublie aussi complètement que jadis, dit-on, dans l'île de Dia, Thésée a oublié Ariadne aux belles tresses."

Théocrite, Idylles, II, v.1-45 passim



les pratiques de la magie dans la littérature grecque