Comment on devient sorcier

Alors qu'il était tout jeune et fort beau garçon, [...] il se prostituait librement et se vendait à ceux qui le désiraient. Entre autres amants, il rencontre un charlatan, un de ceux qui professent la magie, spécialistes en incantations miraculeuses, philtres d'amour, menées contre les ennemis, découvertes de trésors, héritages. Celui-ci voyait que l'enfant avait d'heureuses dispositions, qu'il était tout à fait prêt à l'assister dans ses affaires et qu'il était non moins épris de sa fourberie que lui l'était de sa beauté ; il fait donc son éducation et continue de se servir de lui comme d'un aide, d'un serviteur, d'un assistant ; il était lui-même, disait-il, un médecin reconnu [...] et connaissait "de nombreuses mixtures efficaces, de nombreuses autres néfastes" [Odyssée, IV, v. 252].

[...] (Après la mort de son maître) il abandonne les petites combinaisons ; il s'associe à un Byzantin, un de ces compositeurs de chants lyriques qui concourent dans les jeux publics, bien plus abominable que lui, qui s'appelait, je crois, Cocconas. Alors ils parcourent le pays, devenus sorciers et magiciens professionnels, occupés à tondre les "gros lourdauds" c'est ainsi que dans leur langage les sorciers désignent la foule.

Lucien, Alexandre ou le faux prophète, 5-6 (trad. M.Kantorow)



les pratiques de la magie dans la littérature grecque