Un vrai médecin raille les pratiques de la sorcellerie

Si le malade imite le bêlement de la chèvre, s'il grince des dents, s'il a des convulsions du côté droit, ils disent que la Mère des dieux est la cause du mal. Pousse-t-il des cris plus aigus et plus forts ? Ils le comparent à un cheval et accusent Poseidon. [...] Avec l'écume à la bouche et des battements de pieds, c'est Arès qui est inculpé. Quand, la nuit, surviennent des peurs, des terreurs, des délires, des sauts hors du lit, des visions effrayantes, des fuites hors de la maison, ce sont, disent-ils, des assauts d'Hécate, des irruptions des Héros. Alors ils emploient les purifications et les incantations, faisant, à mon sens, de la divinité ce qu'il y a de moins saint et de moins divin ; car ils purifient les personnes atteintes de la maladie [il s'agit de l'épilepsie] avec du sang et autre chose de ce genre, comme si c'étaient des gens ayant quelque souillure, des scélérats, des individus frappés d'un charme ou ayant commis quelque action sacrilège.

Hippocrate, Sur la maladie sacrée (éd. Littré, tome VI)



les pratiques de la magie dans la littérature grecque